Lu dans le magazine MARIANNE du 1er Novembre 2007

Publié le par prg68


  

marianne2.jpg La gauche de la droite
ressemble de plus en plus à la droite de la gauche

Visite guidée dans le village des gaucho-sarkozystes.


 
La gauche de la droite, c'est un peu comme au village des schtroumpfs, en plus compliqué. Les fractions y poussent comme des champignons mais, pour le moment, impossible de réunir ces chapelles naissantes sous l'égide d'un seul et même grand schtroumpf. Au départ, il n'y avait qu'une seule petite maison : La diagonale, club de réflexion créé par Thierry Coudert, ex-directeur de cabinet du socialiste Kofi Yamgnane passé au cabinet de Brice Hortefeux. En 2006, avec quelques transfuges du PS, Thierry Coudert et Brice Hortefeux ont ouvert cette structure destinée à attirer les « sarkozystes de gauche », tendance bobos-libertaires. Soirée de lancement aux Bains douches, site Internet, débats, réunions publiques, … La maison a grandi, le mouvement prétend aujourd'hui réunir 2000 militants dans toute la France et s'apprête à lancer une revue. Mais la concurrence est rude. Car depuis l'été dernier, à côté de chez ces sarkozystes de gauche, un autre club a ouvert ses portes à l'intention des gaucho-sarkozystes : Les Progressistes, d'Eric Besson.

Bonnet schtroumpf et schtroumpf bonnet ?
Cette autre faction organise des débats et envisage, elle aussi, de publier quelques opus. Mais n'allez pas confondre cette droite de la gauche avec la gauche de la droite tendance Diagonale : « parce que nous, la différence, c'est qu'on n'est pas de droite », avertit Marc d'Héré, secrétaire général de l'association d'Eric Besson. Rien à voir, donc. Le parcours de cet ancien militant PS est éloquent. Proche d'un autre ministre d'ouverture, Jean-Marie Bockel, il était, jusqu'à l'an dernier, secrétaire général de l'association Gauche moderne. Mais attention, car là, les choses se compliquent un peu. En effet, le 29 novembre prochain, sous l'égide de Jean-Marie Bockel, Gauche moderne devient un nouveau Parti politique. Et si, au plan idéologique, Les Progressistes et Gauche moderne ne sont pas éloignées, les deux factions clament bien fort leur indépendance l'une de l'autre. Et les deux assurent n'avoir rien, mais vraiment rien à voir avec La Diagonale. De son côté, La diagonale se sent, elle, très proche de Gauche moderne et compte même présenter des candidats aux municipales sous cette bannière. Pas facile d'y voir clair…

Au village de la gauche de la droite (ou était-ce la droite de la gauche ?), en plus de ces trois petites maisons, on trouve aussi de nombreuses dépendances. Les Progressistes assurent que Bernard Kouchner est un sympathisant de leur mouvement, à La Diagonale, Thierry Coudert observe avec grand intérêt le parcours de Jack Lang, et Claude Allègre participe régulièrement aux débats qui animent ces trois factions. Il alterne avec les membres d'une autre mouvance à tendance gaucho-centristo-sarkozyste, les Gracques, qui se revendiquent apolitiques et flottent quelque part dans cet entre-deux des clivages traditionnels. « La différence entre les Gracques et nous, c'est que nous voulons changer la droite de l'intérieur alors qu'eux veulent changer la gauche de l'intérieur. Mais nous partageons beaucoup d'idées », poursuit Marc d'Héré. Question : mais pourquoi tous ces groupuscules éparpillés qui feraient passer le trostkisme pour un paradis unitaire ne se réunissent-ils pas ? « Principalement des questions de leadership, décrypte Chantal Bockel, de Gauche Moderne. Mais il faudra bien s'y résoudre. » De part et d'autre, on espère que Nicolas Sarkozy tranchera et obligera tout le monde à se regrouper. Et d'ici-là, on s'arme pour les municipales. Avec un objectif en vue : drainer les voies du Modem, notamment à Paris. Avec autant de schtroumpfs prêts à se battre sous les couleurs bleues de l'UMP contre lui, le schtroumpf orange a peut-être du souci à se faire. Quoique...

Jeudi 25 Octobre 2007 - 00:01
A.B
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